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Protéger votre colonne vertébrale

Saviez-vous protéger votre colonne vertébrale ?
Pourquoi la plupart des Vietnamiens âgés ont-ils souvent mal au dos ?

Regardons l’image d’une colonne vertébrale "originale", ça ne vous dit pas grand chose ? ce n’est pas belle du tout n’est-ce pas ? Mais vous la trouverez belle et magnifique quand vous souffrerez un jour d’un lumbago, lorsque vous aurez perdu cette forme naturelle de notre précieuse colonne vertébrale.(*)

(JPG)

(JPG) Et regardons nos compatriotes qui (JPG) risqueront d’avoir la déterioration de leur colonne vertébrale.(**)
Nous les Vietnamiens n’avions pas fait attention à notre dos en portant des charges, et nous avions l’habitude de nous accroupir, ce sont des causes principales des accidents et de la déterioration de notre colonne vertébrale (thoái hóa cột sống), d’après M. Dominique LEROUX.

M. LEROUX est Kinésithérapeute, enseignant et praticien en France qui est également enseignant de l’Institut Trung Học Y tế Cần Thõ. (JPG)

Vous trouverez ici l’explication et des règles conseils pour vous protéger. Ce n’est pas bien grave si vous ne comprenez pas tout. Pour toute question, si vous êtes Vietnamien(ne) adressez-vous à Mme Thuy qui est sa traductrice à Can Tho.

CONSEILS « D’ERGONOMIE »
POUR UNE PREVENTION
DES ACCIDENTS ET DETERIORATIONS
DE LA COLONNE VERTEBRALE

                  • D.LEROUX

- 1 -

La colonne vertébrale possède trois courbures mobiles, à savoir de haut en bas :
-  la lordose cervicale,
-  la cyphose dorsale,
-  la lordose lombaire ; ces trois courbures sont physiologiques c’est à dire indispensables pour, entre autres, amortir les efforts en pression liés aux ports de charges .

En l’absence de courbure ("dos plat") ou en cas d’inversion de courbure (cyphose lombaire) toute la contrainte mécanique (en pression) s’applique sur les disques intervertébraux (DIV, dĩa đệm) ce qui conduit à leur détérioration.

Nos disques intervertébraux sont des amortisseurs visco-élastiques et des rotules de mobilité ; un disque usé ou détruit (pincé) conduit à :

-  la douleur et donc la lombalgie aiguë ou chronique ;
-  la raideur, la limitation des mouvements et de la souplesse ;
-  la surcharge de travail des disques (DIV) sus-jacents et sous-jacents.

Quand sur une voiture l’amortisseur arrière droit est détruit on sait que le gauche ne résistera pas longtemps, il en est de même pour nos disques intervertébraux, mais pour eux il n’y a pas encore de pièces de rechange.

Prévenir ou freiner cette évolution parfois désastreuse impose l’observation de cette

PREMIERE REGLE :

IL FAUT EN TOUTE CIRCONSTANCE RESPECTER LES COURBURES RACHIDIENNES PHYSIOLOGIQUES

a) en rectifiant nos positions de travail, ce qui relève du développement de la perception corporelle.

b) par l’entretien de la mobilité du rachis, sans laquelle se corriger est impossible, en pratiquant une activité gymnique raisonnable et raisonnée en fonction de "l’état des lieux".

Mais, cette activité gymnique, il ne faut la pratiquer qu’en toute
-  connaissance des limites articulaires au-delà desquelles il ne faut plus aller
-  et de celles en deçà desquelles il ne faut pas rester.
Cette connaissance nécessite une excellente perception corporelle.

On trouve sur "le marché" actuel de nombreuses manières de poursuivre une activité gymnique, avec ou sans musique, avec ou sans « body fluo », mais aussi bonne que puisse être l’intention, les résultats sont parfois désastreux par méconnaissance ou négligence des limites individuelles à observer.

Ce n’est pas parce qu’une activité d’entretien physique est baptisée « yoga » ou « Chi Quong » qu’elle se trouve dénuée de tout risque, il faut se méfier des appellations trompeuses ; séparée de son support philosophique et de l’indispensable notion de tolérance envers le corps, cette activité peut mener à l’échec ou encore à la pathologie.

Le "streching" qui est très attractif comme toute appellation anglo-saxonne, est une technique d’assouplissement par l’étirement . Mal localisé ou réalisé avec une intensité mal dosée cet étirement peut s’avérer dangereux sur un environnement (terrain) articulaire rhumatisant.

L’existence d’une pathologie dégénérative (arthrose) n’impose pas l’arrêt de toute activité d’entretien mais au contraire doit conduire à l’envisager autrement et de manière protégée pour le plus grand plaisir du corps.

Le « Taï Chi Chuan » (gymnastique chinoise, en vietnamien : Thái cực quyền) me semble être, entre autres, une des meilleures formes d’entretien gymniques associant mouvements contrôlés d’amplitudes raisonnables, maîtrise de équilibre, et « tolérance » envers les structures articulaires.

- 2 -

Les pressions appliquées au rachis lors du port de charge ou lors d’exercices de force se transmettent, se répartissent et s’amortissent sur divers appuis intervertébraux. Chaque vertèbre repose sur celle du dessous par trois appuis
a) - un appui discal antérieur plus ou moins élastique : « l’amortisseur discal »
b) - deux appuis postérieurs rigides, ou rigidifiables grâce aux muscles, et constitués par les deux massifs articulaires postérieurs.

Si on envisage cet appui discal antérieur, il s’avère que sa mécanique et donc sa pathologie dérivent directement de sa constitution.

Un disque Inter-vertébral est constitué d’un segment de cylindre fibro-cartilagineux (l’anneau fibreux amortisseur) qui présente en son centre un noyau répartiteur de pression se comportant lors d’une flexion du rachis comme un « noyau de cerise entre deux doigts » (Fig. 4 ). La flexion entraîne une divergence (écartement) des plateaux vertébraux avec une poussée du noyau discal vers l’arrière. La poussée exercée sur ce noyau discal peut être d’une telle intensité qu’une rupture partielle ou totale des fibres postérieurs puisse se produire avec engagement du noyau dans la fissure, ce qui fait la gravité croissante des lésions rencontrées.

Le stade ultime de « hernie discale » s’accompagne souvent d’une irritation du nerf régional, à savoir le plus souvent le sciatique dont l’atteinte motrice (paralysie) peut nécessiter le recours à l’intervention chirurgicale en l’absence d’efficacité d’un traitement médical conservateur.

Une simple entorse discale peut cicatriser moyennant un traitement physique et des précautions gestuelles "à vie" ; la fragmentation du noyau, les ruptures complètes de l’anneau et la hernie discale conduisent, à terme, à la disparition de « l’amortisseur » discal.

Ce sombre avenir pour nos disques inter-vertébraux impose l’observation de la

DEUXIEME REGLE :

NE JAMAIS FAIRE D’EFFORT DE PORT DE CHARGE SUR UN RACHIS LOMBAIRE EN FLEXION
c’est à dire sur un effacement de la cambrure (lordose) lombaire physiologique.

Hélas de nombreuses positions et activités gymniques ou de mauvaises habitudes gestuelles conduisent à cette situation mécanique nuisible ; la station assise non corrigée en fait partie, tout comme certains assouplissements mal conçus, mal choisis ou mal dirigés (parfois hélas ! par un soignant).

Une des erreurs fréquentes consiste à vouloir étirer les muscles postérieurs de la cuisse (les Ischio-jambiers fréquemment expertisés comme « trop courts » ou hypoextensibles) par la pratique de certains exercices qui mettent en péril les disques lombaires (DIV) sans être réellement efficaces pour les muscles incriminés .

- 3 -

Saisir une charge au sol, (comme par exemple sortir un enfant d’un lit bas), en se penchant en avant pour prendre ou manipuler quelque chose est souvent la solution très maladroite utilisée. Il faut savoir que le simple maintien de cette attitude même sans effort suffit chez certains à déclencher une "crise" de lombalgie.

Cette « maladresse d’exécution gestuelle » à risque conduit à l’observation de la

TROISIEME REGLE

IL FAUT SE METTRE A HAUTEUR DE LA CHARGE A PORTER AVANT D’EN ASSUMER LE POIDS PAR UTILISATION DES MEMBRES INFERIEURS

Les hanches, les genoux, les chevilles sont conçus pour cela, moyennant quelques précautions que nous verrons plus loin. La colonne vertébrale et en particulier les disques intervertébraux ne peuvent et ne doivent pas être utilisés pour cette mise à hauteur par flexion.

Il est nécessaire de "verrouiller" préalablement le rachis lombaire, grâce aux muscles, en lordose physiologique avant de soulever la charge .

Il faut prendre le temps de se placer en position protégée et de mettre en place les « attelles » physiologiques de la colonne vertébrale permettant de supporter, mécaniquement l’effort (plusieurs centaines de kilogrammes !).

Ce verrouillage relève d’une action conjointe des muscles spinaux profonds et superficiels associée à la rigidification du « caisson abdomino-viscéral » sur apnée inspiratoire.

Cette manière protégée de réaliser le geste doit cependant s’accompagner de précautions supplémentaires :

L’accroupissement qui surcharge mécaniquement beaucoup les genoux (le cartilage de la rotule en particulier) peut être intolérable et contrindiqué en cas d’arthrose.

L’accroupissement crée un déséquilibre (surtout chez les « occidentaux »), car l’appui réalisé sur l’avant pied réduit le polygone de sustentation ce qui ne permet pas de conserver la bonne position lombaire en cas d’effort.

D’autre part la flexion des hanches majore, par la bascule postérieure du bassin, la « délordose » lombaire.

Une des solutions consiste pour essayer de concilier tous ces impératifs à se baisser par génuflexion en position dite du "chevalier servant" avec un genou au sol.

- 4 -

Nous venons d’évoquer une des notions les plus importantes qui conditionne l’exécution protégée des gestes à savoir l’équilibre.

Les lois de la physique nous ont appris qu’un corps est en équilibre quand la verticale abaissée de son centre de gravité passe par la surface d’appui (ou polygone de sustentation ) donc :

QUATRIEME REGLE

IL FAUT MULTIPLIER LES POINTS D’APPUI POUR ELARGIR LA SURFACE D’APPUI (ou polygone de sustentation)ET POUR REPARTIR LES CHARGES

Par exemple utiliser deux pieds et un genou comme dans la position gymnique dite « du chevalier servant », ou encore deux pieds et deux genoux, protégés par des coussins comme dans la position dite « à genou assis sur les talons » ou « à genou dressé » si l’activité au ras du sol doit se prolonger.

- 5 -

Nous avons évoqué plus haut les contraintes mécaniques en pression considérables appliquées aux disques intervertébraux. Ces contraintes mécaniques ont été estimées à plusieurs centaines de kilos, même pour des gestes banaux en apparence. Ces chiffres résultent de la notion physique de "balance rachidienne", le fonctionnement de notre édifice rachidien étant assimilable à celui des grues utilisées en construction.

Les lois de la physique nous affirment qu’à l’équilibre la résultante des charges est égale à la « somme des moments » des forces en présence. Pour diminuer la charge sur les vertèbres la seule variable sur laquelle on puisse agir est le bras de levier constitué par les membres supérieurs, ce qui revient à observer la

CINQUIEME REGLE

IL FAUT SE RAPPROCHER AU MAXIMUM DE LA CHARGE A PORTER AVANT D’EN ASSUMER LE POIDS

ou encore la rapprocher de soi avant de la porter, ce qui revient quelquefois à dégager le passage pour faciliter l’accès à la charge.

Ainsi comme nous venons de le voir, cinq règles, cinq grands principes président à l’exécution protégée des gestes ; hélas ces principes ne sont pas innés et devraient être étudiés et éduqués dès l’enfance ; leur respect nécessite la réflexion et le rejet de toute précipitation avant l’exécution d’un geste.

Il y a toujours un moyen de limiter les efforts pour sauvegarder notre "capital discal" qui versera ses intérêts plus tard pour le maintien de notre confort de vie ; ces moyens passent par l’aménagement de l’habitat (le mobilier et les sièges en particulier) et du poste de travail, ils nécessitent aussi de tenir compte des tenues vestimentaires, des loisirs et sports pratiqués, etc...

Certaines habitudes posturales ancestrales ou relevant de facteurs socio-culturels sont à revoir et à abandonner en tant que telles au regard des risques encourus pour la santé et l’avenir de la colonne vertébrale.

D. LEROUX
Masseur-Kinésithérapeute Cadre, Ostéopathe
Enseignant et praticien
Membre des jurys d’Etat de France
Président Fondateur de Kiné Mékong

(*) document de http://www.medecine-et-sante.com/an...

(**) photo de M. LEROUX

 
Copyrights 2006 - Dernière mise à jour Septembre 2007
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