Notre Lycée
Camping 2012 - La Chaleur du Feu et celle du Cœur
Français facile : Connecteurs de phrases
Préparez vos examens de français avec TV5MONDE
Fête francophonie 2003 et 2017 à Can Tho
La marche des élèves de CVL
 
Liens utiles
Avoir et Etre
Anglais facile : Comment féliciter quelqu’un
La journée de la Francophonie
CanTho notre ville
Pour apprendre les sciences et langues
 
L’histoire d’un médecin franco-vietnamien

Mme Colette St Marc Mai Van Dau est fille de M. Mai Van Dau, un ancien élève du Lycée Chau Van Liem. Depuis une dizaine d’année elle vient tous les ans au Vietnam soutenir les projets de santé d’ici. Elle est actuellement membre de l’A.D.E.P (Association d’Entr’aide aux polios et Handicapés).

      • Dr Nguyen Duy Phong (Thuoc - Suc khoe 207, 2002) - Traduction : BTT

RETOUR A LA SOURCE

Lors d’une conférence internationale organisée à HCMV, j’ai eu l’occasion de faire la connaissance d’une déléguée française : Mme le Professeur Colette Saint-Marc Mai Van Dau.

(JPG) C’est son nom franco-vietnamien qui a provoqué ma curiosité, car, étant grande et avec un teint clair et rose elle m’apparaissait une européenne typique.

Après une courte discussion, j’ai trouvé chez elle une grande ouverture aux autres, de l’énergie et, plus particulièrement son amour du Vietnam et des vietnamiens. Cela m’a fait lui poser la question sans hésiter : “Excusez-moi, est-ce que vous êtes déjà venue au Vietnam ? et votre père est-il vietnamien ?”. D’une voix chaleureuse, elle m’a répondu en français d’une manière simple et claire : “Oui, mon père est vietnamien, M. Mai Van Dau, il était avocat. C’est la première fois que je viens ici, au Vietnam, mon pays paternel.” Puis très émue elle m’a raconté son origine : “Avant la 2è Guerre mondiale, mon père faisait ses études en France. Il avait réussi là aussi sa licence en droit et y travaillait. Pendant ce temps il a rencontré ma mère, une française très douce, et je suis née de cet amour franco-vietnamien.

Quand la guerre s’est étendue ici et là, mes grand-parents paternels s’inquiétaient et ont demandé à mon père de revenir au Vietnam... Nous n’avons pas de ses nouvelles depuis. Cette fois-ci, j’ai l’occasion de venir assister à une conférence à HCMV, je souhaite retrouver mon père”.

La discussion qui a suivi m’a appris qu’elle a passé son adolescence auprès de sa mère à Tarbes puis à Toulouse, dans le Sud de la France. Après avoir été diplômée docteur en médecine, la doctoresse Colette Mai Van Dau a été reçue comme enseignante à l’Université de Rennes, capitale de la Bretagne dans le Nord-Ouest de la France. Puis durant 30 ans et en tant que Chef de Service d’anesthésie du CHU de Rennes, elle se plongeait dans son travail : servir les patients, participer aux formations des bons spécialistes anesthésiques non seulement pour la France mais aussi pour la francophonie dont beaucoup de médecins vietnamiens.

Après la conférence, touché par son souhait de rechercher son père, je l’ai présentée au Service de la Santé de Can Tho, demandé une aide pour la recherche, car son père est d’origine de “Can Tho, Vietnam”, d’après ce que sa mère lui avait dit avant son décès. A l’aide de l’enthousiasme des autorités et des collègues sur place, elle a pu réaliser son souhait, bien que ce soit tard : elle a trouvé la tombe de son père au district d’O Mon. M. Mai Van Dau est décédé 3 ans auparavant.

Après ce premier contact avec Can Tho, Mme le Professeur Colette Saint-Marc Mai Van Dau revient souvent au Vietnam dans le cadre du programme de collaboration franco-vietnamienne. En 1996 après la retraite, quittant le travail du CHU de Rennes, elle consacre la majorité de son temps au Vietnam pour s’occuper des tombes de son père et de ses grand-parents à O Mon. Elle a également demandé qu’on lui accorde le plaisir de continuer de travailler et d’enseigner à la faculté de Médecine de l’Université de Can Tho et à l’hôpital général de la province.  CanTho 2006 (JPG)

Elle est toujours fière de son origine vietnamienne. Elle essaie d’apprendre le vietnamien, porte les aodai, le chapeau conique... apprend les gestes d’une femme vietnamienne. Et particulièrement, dès son autorisation de travailler à Can Tho, elle m’a demandé un service, et j’ai été très touché par ses sentiments pour son pays paternel. Elle m’a donné le nom et l’adresse d’un notaire de Rennes et ceux de son enfant adopté, puis m’a-t-elle dit : “Mon père est vietnamien, ma mère et mon mari sont français. J’ai servi la France pendant un long temps. Maintenant je veux consacrer toute la force qui me reste à mon pays paternel. J’ai confié mes testaments au notaire. Je vous prie de contacter mon notaire quand je serait décédée au Vietnam, pour réaliser mon dernier souhait : que mon nom soit gravé à côté de celui de mon mari en France, et que mon corps soit incinéré, les cendres se répandant sur le Mékong, le fleuve riche d’alluvions de mon pays paternel”

Depuis notre première rencontre, l’admiration que nous avons pour sa générosité et sa compétence augmente de plus en plus non seulement en moi et dans ma famille mais aussi chez tous nos amis et collègues qui l’ont connue et ont travaillé avec elle, Mme le Professeur Colette Saint-Marc Mai Van Dau.

Métissage : l’empreinte de l’ "autre pays"
 

                • Anne Hugot Legoff

Il n’était pas facile d’être une petite fille métisse, en province, avant guerre - pas celle du Vietnam, la dernière guerre mondiale. Surtout lorsque le père professe qu’il est venu faire ses étude en France pour mieux mettre les français hors de l’Indochine ! Bref, ce père n’est pas le bienvenu dans la famille maternelle.

Il ne rencontre sa fille qu’à l’extérieur. Il vient la chercher au cours, ce qu’elle déteste car elle aime avant tout étudier. Il l’emmène au restaurant, en vacances dans les villes d’eau où il monte à cheval et joue au tennis. Elle trouve ce père absolument fascinant, avec ses costumes de shantung blanc et ses lavallières piqués d’une épingle à cravate rutilante de pierreries.

Puis, un jour il disparait : il est reparti en Indochine, et sa femme n’a pas voulu le suivre. Il voudrait au moins emmener sa fille mais la famille s’y oppose : la grand-mère a pesé de tout son poids dans cette décision ; elle tente d’impressionner l’enfant en lui montrant la vie de malheur qui l’attendrait là-bas ; obligée de coucher par terre et de manger du serpents ... Le père a disparu à tout jamais de la vie de la petite fille. Il y a la guerre puis les premiers troubles en Cochinchine où il est devenu responsable des Hoa Hao.

La jeune fille déteste ses origines. Elle déteste qu’on l’appelle "la Chinoise", que les autres enfants touchent ses cheveux très noirs. Elle a l’impression d’être un objet de curiosité : elle fait tout pour passer inaperçue. Pourtant elle a dans son comportement toute sortes de petits détails qui trahissent cette hérédité asiatique, elle n’aime pas les sucreries, elle aime s’assoir par terre, elle a ce sourire immuable qui nous énerve parfois chez nos amis Vietnamiens lorsqu’ils dissimulent un désaccord, elle peut poser des questions qui nous apparaissent à nous autres gaulois comme l’indiscrétion.

(JPG)
St Malo 2007

Elle décrit maintenant son métissage comme une déchirure et une source de souffrances. Pourtant, devenue professeur de médecine, elle trouve une coopération avec l’hôpital de CanTho (le berceau des Hoa Hao) pour revenir, cinquante ans plus tard sur la trace de ses origines. Pas de famille (une demi-soeur vit aux Etats-Unis), mais elle retrouve des disciples et la tombe du père, autrefois lieu de pèlerinage et maintenant complètement enclavée dans les petits vergers du Delta.

Elle se sent bien au Vietnam où elle a monté un programme de coopération. Elle y passe maintenant plusieurs mois par an, s’y habille de la tunique et du pantalon des paysannes, et on la prend par fois . . . pour une Vietnamienne.

Je demande si ce métissage qui a été vécu comme si douloureux n’est pas, in fine, une source d’harmonie ? Mais je n’ai pas de réponse à cette question...

Réunion 25 Février Can Tho

Mes chers amis ,

(JPG)
Nam Bo 25.02.2017

Merci d’être venus me dire au revoir.

Je pense que c’est mon dernier voyage au Vietnam ,je suis vieille et la belle Indochine est bien loin de la France.

Quand j’étais enfant je rêvais en France au pied des Pyrénées où je suis née de Cantho ,d’Omon où mon Père est né et à vécu.

Je suis venue enfin sur la Terre de mes ancêtres en 1994 ,il y a presque un quart de siècle .Vous étiez tous jeunes et fringants. Je retrouve aujourd’hui de jeunes retraités . Moi je suis au soir de ma vie.

A mon arrivée le pays était encore ravagé par les horreurs de la guerre ,vous manquiez de tout.

Je suis heureuse de constater tous les progrès que vous avez accomplis grâce à votre courage ,à votre force de vie plus forte que tout ,plus forte que toutes les atrocités que vous avez subies .

J’ai été heureuse de travailler avec vous ,d’essayer de vous aider .

Aujourd’hui beaucoup de choses ont changé .Vous avez construit des hôpitaux qui peuvent rivaliser avec les hôpitaux occidentaux .Vous avez acquis un matériel de qualité ,vous êtes formés aux techniques modernes .

Chez nous ,nous restons enfermés dans nos problèmes de la vieille Europe ,la crise économique ,le chômage ,les conflits politiques ,l’immigration , le terrorisme .Il nous est difficile d’aider les autres.

Vous ,vous êtes en pleine expansion ,tournés vers l’avenir .

Chacun est parti dans le tourbillon de la vie ,dans des directions différentes .

Vous ne parlez plus français ,la France ne semble plus pour vous qu’un lointain souvenir .

Merci de m’avoir accueillie comme une sœur .Grâce à vous ,j’ai retrouvé mon âme vietnamienne ,je ne serai plus une âme errante entre la France et le Vietnam .

Sachez que ce sera toujours pour moi un grand plaisir de vous accueillir en France .

Je vous garderai toujours dans mon cœur .

Je ne vous oublierai pas.

Ne m’oubliez pas

Je vous aime

25 février 2017

Colette Saint Marc -Mai Van Dau

Conférence du 22 septembre 2016

Conférence de Colette Saint Marc lors de la 36è réunion scientifique du CHAR

 
Copyrights 2006 - Dernière mise à jour Septembre 2007
~ ~